lundi 22 janvier 2018

Hassan Nasrallah denouces Steven Spielberg's support for Israel

Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah on January 19, 2018, on the occasion of the commemoration of the death of Fayez Moghniyeh, father of martyrs Jihad, Fouad and Imad Moghniyeh


In case this video is censored by Youtube, find it on Dailymotion, Vimeo or Rutube. See Kafka 2.0: How Youtube’s Political Censorship is Exercised


[...] The third point concerns the normalization (of relations) with the Israeli enemy. This is a point of dispute and debates in Lebanon, which were held (again) recently. I call that, in a particular place - such as the government, the Assembly -, calmly, with all departments, all people, all parliamentary groups concerned, is held a discussion that will lead to a position on what is to be considered as a sign of normalization with the Israeli enemy. The (rejection) of the principle of normalization (with Israel) is an official Lebanese position. Lebanon is determined not to normalize relations with the Israeli enemy, as long as there is no "just and comprehensive peace" as they call it. Well, where is the "just and comprehensive peace"? Lebanon must implement its commitment not to normalize relations with the Israeli enemy. 

This issue must be addressed and resolved, so that there are no problems in the country. In the sense that tomorrow, on the pretext that this or that falls under the category of art, tourism or whatsoever... We will not go into religious or intellectual debates in this political question. For example, a Lebanese director [Ziad Doueiri] will go to Occupied Palestine, to the Israeli embassy, apply for a visa, goes back and forth, finally makes it (after obtaining the visa) and shoots a movie there, and it would not be normalization? If this is not normalization, you must explain me what normalization is.

O my brother, I'm Lebanese and I ask you to explain what normalization of relations with the Israeli enemy means. What is it ? That is why this issue is very sensitive, especially now, at this stage. After the latest developments in the Palestinian cause, there are many people in Lebanon - let nobody underestimate them, and we are part of them - who will never tolerate (perhaps on some other things we could be understanding and tolerate) normalization measures which occur under the eyes of the State, and sometimes with the agreement of officials in the Lebanese State. 

Well, let us translate it, explain it. No one is opposed to art, nobody asks to close cinemas or not to go to cinemas, never. Nobody has even raised the matter. But that in the name of art, cinema or tourism, you normalize relations with Israel, it is opposed to the Lebanese State's commitments. Let no one say tomorrow "the Sayyed, as usual, takes decisions of war and peace by himself." O my brother, this is a decision of the Lebanese State. It is a decision of the Lebanese government. Therefore stand fast and hold on to your decisions, your strategy, your positions. Be true to your word. That's the position of principle.

dimanche 21 janvier 2018

Hassan Nasrallah dénonce le soutien de Steven Spielberg à Israël

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 19 janvier 2018, à l’occasion de la commémoration du décès du père des martyrs Jihad, Fouad et Imad Moghniyeh

Pour le cas ou Youtube censurerait cette vidéo, retrouvez-là sur Dailymotion, Vimeo ou Rutube (Voir Kafka 2.0 : Comment s’exerce la censure politique sur Youtube)

Transcription : 

Le troisième point concerne la normalisation (des relations) avec l’ennemi israélien. C’est un point de discorde et de débats au Liban, qui se sont tenus dernièrement. J’appelle à ce que calmement, dans un endroit déterminé – par exemple au gouvernement, à l’Assemblée –, avec tous les ministères, toutes les personnes, tous les groupes parlementaires concernés, se tienne une discussion qui aboutisse à une position sur ce que sont les signes de normalisation avec l’ennemi israélien. Le (rejet) du principe même de normalisation (avec Israël) est une position libanaise officielle. Le Liban est résolu à ne pas normaliser ses relations avec l’ennemi israélien, tant qu’il n’y aura pas ce qu’ils appellent une « paix juste et globale ».  
Eh bien, où est donc la « paix juste et globale » ? Le Liban doit appliquer son engagement à ne pas normaliser ses relations avec l’ennemi israélien. Cette question doit être adressée et résolue, afin qu’il n’y ait pas de problèmes dans le pays. Au sens où demain, au prétexte que telle ou telle chose relèveraient de l’art, du tourisme ou autre… Nous ne voulons pas entrer dans les débats religieux ou de pensée pour cette question politique. Par exemple, qu’un réalisateur libanais [Ziad Doueiri] se rende en Palestine occupée, à l’ambassade israélienne, demande un visa, y fasse des allers et retour, s’y rende finalement (après obtention du visa) et tourne un film là-bas, et cela ne serait pas de la normalisation ? Si cela n’est pas de la normalisation, il faut nous expliquer ce qu’est la normalisation. O mon frère, je suis un libanais et je te demande de m’expliquer ce que signifie la normalisation des relations avec l’ennemi israélien. Qu’est-ce que c’est ?   

C’est pour cela que cette question est très sensible, surtout maintenant, à cette étape. Après les derniers développements concernant la cause palestinienne, il y a beaucoup de gens au Liban – que personne ne les sous-estime, et nous en faisons partie – qui ne tolèreront jamais (peut-être que sur certaines autres choses, on a pu être compréhensif et les tolérer) les mesures de normalisation qui se produisent sous les yeux de l’Etat, et parfois avec l’accord de responsables dans l’Etat libanais.

Eh bien, traduisons donc cela, expliquons-le. Personne n’est opposé à l’art, personne ne demande de fermer les cinémas ou de ne pas y aller, jamais. Personne n’a pas même abordé ce sujet.  Mais qu’au nom de l’art, au nom du cinéma, au nom du tourisme, vous normalisiez les relations avec Israël, cela s’oppose aux engagements de l’Etat libanais. Que personne ne vienne dire demain « le Sayed, comme d’habitude, se charge de prendre les décisions de guerre et de paix ». O mon frère, c’est là une décision de l’Etat libanais. C’est une décision du gouvernement libanais. Tenez-vous donc à vos décisions, à votre stratégie, à vos positions. Soyez fidèles à votre parole. Voilà pour la position de principe.

samedi 20 janvier 2018

Hassan Nasrallah answers Trump on Hezbollah's drug trafficking

Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah on January 19, 2018, on the occasion of the commemoration of the death of Fayez Moghniyeh, father of martyrs Jihad, Fouad and Imad Moghniyeh


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In recent weeks, US accusations were made. They are not new but they are taking a new dimension. The US Department of Justice created a commission of inquiry that will come to Lebanon - I do not know if it is already there, the media have not made it clear - to meet with officials and Lebanese parties and to investigate. About what ? The Hezbollah links with drug trafficking. 

A story was concocted in the US, that Obama would have prevented any investigation on the issue of Hezbollah drug trafficking, but Trump, being more intransigent, formed this Inquiry. The same approach is being carried out by France, and it seems there has been arrests of people linked to drug trafficking, money laundering, etc. 

Anyway, I will not dwell at length on this subject, but I want to remind our unchanging position of principle. I want to tell you and all the spectators, categorically, that these are fabrications and false accusations which are not based on any fact and have no truth. Hezbollah, regarding this issue, has a clear religious, legal and ethic position. For us, the drug trade is illegal, prohibited, and is even among the major sins. And we prohibit drug trafficking even in the society of the enemy. Perhaps someone will say what is wrong with selling drugs to Israeli society to destroy it (from within)? Even the drug trade with Israeli society to destroy it is illicit in our view. The drug trafficking and spread are by principle illicit (whatever the circumstances) even to an enemy society. This has nothing to do with (warfare). Such are our ethics, such is our commitment, which stands absolutely.

Hassan Nasrallah répond aux accusations US sur le trafic de drogue du Hezbollah

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 19 janvier 2018, à loccasion de la commémoration du décès du père des martyrs Jihad, Fouad et Imad Moghniyeh

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Transcription : 

[…] Durant les dernières semaines, des accusations américaines ont été portées. Elles ne sont pas nouvelles mais prennent une nouvelle dimension. Le Ministère de la Justice américain a créé une Commission d’enquête qui va venir au Liban – je ne sais pas si elle est déjà là, les médias ne l’ont pas clairement précisé – pour rencontrer des responsables et des partis libanais et faire une enquête. Sur quoi ? Sur les liens du Hezbollah avec le trafic de drogue. Une histoire a été concoctée aux Etats-Unis, selon laquelle Obama aurait empêché toute investigation sur la question du trafic de drogue du Hezbollah, mais que Trump, plus intransigeant, a formé cette Commission d’enquête. La même démarche est actuellement menée par la France, et il y aurait des arrestations de personnes liées au trafic de drogue, au blanchiment d’argent, etc.

Vladimir Poutine : face à Trump, Kim-Jong Un a gagné haut la main

Entretien de Vladimir Poutine  avec les médias et agences de presse russes, 11 janvier 2018

En prélude à la journée de la presse russe, le 13 janvier, Vladimir Poutine s'est rendu à la rédaction du journal Komsomolskaya Pravda avec les médias et les agences de presse russes. La discussion a porté sur les problèmes professionnels actuels.

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Transcription :

[...] Journaliste : Monsieur le Président, j'ai une question à propos de la péninsule coréenne. La nouvelle année a apporté de bonnes nouvelles sur les contacts, les tendances et les rencontres possibles. En même temps, il y a des nouvelles alarmantes au sujet des boutons nucléaires et de la question de savoir qui a le plus gros. Que pensez-vous des développements concernant la péninsule coréenne dans les premiers jours de la nouvelle année?

Vladimir Poutine : Je pense que Kim-Jong Un a évidemment gagné ce round. Il a atteint son objectif stratégique. Il a une ogive nucléaire, et maintenant il a aussi un missile avec une portée globale de 13 000 kilomètres, qui peut atteindre presque n'importe quelle partie du globe, au moins sur le territoire de son adversaire potentiel. Et maintenant il veut clarifier, calmer ou dé-escalader la situation. 

C'est déjà un politicien mature et très perspicace. Cependant, nous devrions être réalistes et, compte tenu de ce que nous devons faire, nous devons agir avec beaucoup de précautions. Si nous voulons atteindre l'objectif difficile de dénucléariser la péninsule coréenne, nous devons le faire par le dialogue et les négociations.

Je crois que, aussi difficile que cela puisse paraître, nous pouvons accomplir cette mission si toutes les parties prenantes de ce processus, y compris les Nord-Coréens, sont convaincues que leur sécurité peut également être garantie sans armes nucléaires.

C'est ainsi que je veux répondre en conclusion. Cela est étroitement lié à votre question et à la question précédente également. Nous discutons du nouveau traité START avec nos partenaires américains. Ils ont soudainement déclaré, même si leur intention colle à la lettre du traité, qu'ils voulaient convertir certains de leurs véhicules de lancement - avions et sous-marins - avec des silos pour empêcher leur utilisation pour lancer des armes nucléaires.

En principe, cette possibilité est stipulée dans le traité. Mais le traité dit aussi que cela n'est possible que si l'autre partie, en l'occurrence la Russie, vérifie la conversion et est convaincue qu'il n'y a pas là de potentiel de rupture, que ces silos ou équipements aéronautiques ne seront pas reconvertis pour l'usage d'armes nucléaires.

Nous n'avons aucune preuve de cela jusqu'à présent. Et nous sommes donc préoccupés par cela. Mais notre dialogue est en cours. J'espère que ce sera positif. [...]

jeudi 18 janvier 2018

Norman Finkelstein : l'aide US aux Palestiniens coûte moins qu'un yacht saoudien

Interview de Norman Finkelstein sur Democracy Now, le 10 janvier 2018 

Transcription : 

Amy Goodman : Israël fait face à une éventuelle enquête de la Cour pénale internationale concernant des crimes de guerre durant son agression de 2014 contre Gaza et l’expansion persistante des colonies de peuplement en Cisjordanie occupée. Selon la chaîne de télévision israélienne Channel 10, le Conseil de sécurité nationale israélien a récemment averti les législateurs israéliens que la CPI pourrait ouvrir une enquête durant cette année. Malgré l’avertissement, le ministre israélien de la Défense a annoncé mardi qu’Israël approuverait la construction de centaines de nouvelles habitations en Cisjordanie. Les dirigeants palestiniens ont commencé à demander une enquête de la CPI peu après l’agression de 2014 contre Gaza, qui a tué plus de 2 100 Palestiniens, dont plus de 500 enfants.

Cela survient alors qu’Israël et les États-Unis sont confrontés à une condamnation internationale croissante pour leur traitement des Palestiniens. Le mois dernier, les Nations Unies ont voté 128 à 9 en faveur d’une résolution appelant les États-Unis à abandonner leur récente reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël. Dans le même temps, mardi, la Suède a critiqué l’administration Trump pour avoir menacé de couper des centaines de millions de dollars d’aide annuelle à l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens de l’ONU. L’ambassadeur de la Suède auprès des Nations Unies a déclaré que la coupure de l’aide « serait déstabilisante pour la région ». Le législateur palestinien Hanan Ashrawi a comparé la menace du président Trump de couper l’aide humanitaire à du chantage.

Hanan Ashrawi : Je dirais que les droits des Palestiniens ne sont pas à vendre, et nous ne céderons pas au chantage. Il y a des impératifs et des exigences pour la paix. Et unilatéralement, le Président Trump les a détruits. Il a même saboté nos efforts pour parvenir à une paix juste et obtenir la liberté et la dignité du peuple palestinien. En reconnaissant Jérusalem occupée comme la capitale d’Israël, il s’est non seulement disqualifié en tant que médiateur ou négociateur de paix en prenant parti et en devenant complice de l’occupation israélienne, mais il a aussi totalement saboté, totalement détruit, les fondements mêmes de la paix.

Amy Goodman : Une partie de l’argent de l’aide américaine va aux réfugiés vivant dans la bande de Gaza occupée, la zone la plus densément peuplée du monde. Depuis des années, les Nations Unies et les groupes humanitaires ont averti que les conditions à Gaza sont presque invivables en raison du blocus militaire israélien qui a duré une décennie et des multiples attaques israéliennes contre la région. Selon le Comité international de la Croix-Rouge, sept personnes sur dix à Gaza vivent de l’aide humanitaire. Le taux de chômage est de 44 %. Les coupures d’électricité peuvent atteindre jusqu’à 20 heures par jour.

Gaza fait l’objet d’un nouveau livre de l’auteur et universitaire Norman Finkelstein. Il est intitulé Gaza : une enquête sur son martyre. Norman Finkelstein est le fils de survivants de l’Holocauste. Il est l’auteur de nombreux autres livres, y compris L’industrie de l’Holocauste : Réflexions sur l’exploitation de la souffrance humaine et On en sait trop : Pourquoi la romance des Juifs américains avec Israël arrive à sa fin.

Norman Finkelstein, nous sommes heureux de vous retrouver à Democracy Now ! Commençons par les dernières nouvelles de ce rapport d’une éventuelle enquête de la CPI – Cour pénale internationale – sur les crimes de guerre durant l’assaut israélien sur Gaza en 2014.

Norman Finkelstein : Eh bien, il y a des enquêtes de longue date de la CPI sur la conduite israélienne, et c’en est une autre phase, la presse israélienne rapporte que ça avance. Le Procureur en chef, Fatou Bensouda, a été très indulgente, tout comme l’ancien Procureur en chef de la CPI, quand il s’agit de poursuivre n’importe qui sauf les Africains. Depuis la fondation de la CPI en 1998, les seules personnes qui ont déjà été jugées sont des dirigeants africains ou des Africains accusés de crimes importants contre les droits de l’homme. Beaucoup d’États africains appellent la Cour Internationale du Caucase et non la Cour criminelle.

Hassan Nasrallah: Trump heads for Armageddon, Israel will be more easily defeated than ISIS

Interview of Hezbollah Secretary General Sayyed Hassan Nasrallah by Al-Mayadeen TV, January 3rd, 2018



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[...] Journalist: At the end of the first part of our interview, we concluded on two points. In the first point, you said that the events in Iran will have no consequences and are over, and in the second point we evoked, the most dangerous, is that Trump and Israel are pushing the region towards a big war, and in case this war would be triggered, the Resistance Axis is preparing and has to be prepared. And I ask Your Eminence, are you really worried and concerned that this war happens ? Because I understand from your comments that the war is (a real) possibility, they will perhaps trigger it, and that you (are certain to) be victorious in this war.

Hassan Nasrallah: Listen, regarding the possibility of war, it is real. As for the degree of probability, we cannot rule it out, not even for a moment. Because with such a mentality, such an administration... And whatever they say, it's not just Trump, but the Vice-President, the whole of this administration, their vision... You see how some approached the cause of Al-Quds. He approached it with a religious point of view! These things are related to... 

If you read the statements of the Americans and even the Israelis, you see he wants an Armageddon, he prepares a (real) Armageddon and heads towards it with force. We know their mentality. 

Journalist: They are supported by Christian Zionists.